extraits Méli-melo de romances

Mon ange

1)Mes joues desséchées d’avoir trop pleuré se creuse au fil des jours, des mois et des années qui s’écoulent. Avec sa perte, mon envie de la vie s’amenuise, s’étiole jusqu’à ne plus pouvoir. Dans un dernier effort pour mes enfants, mes petits-enfants, je m’échine à tenir au filin de celle-ci. Mais pour combien de temps encore ?

2)Mes paupières s’alourdissent, mon rythme cardiaque s’emballe exagérément puis ralentit jusqu’à l’imperceptible. Je sens ce linceul se désintégrer, libérant l’amour trop longtemps engrangé. Je la revois danser, courir dans sa robe blanche.

Dernière chance

1)Cette nuit, nichée contre lui, je retrouve ce sentiment de plénitude que j’ai eu jadis. Dans un demi-sommeil, Sébastien marmonne qu’il m’aime, qu’il ne veut pas qu’on se quitte. Je souhaite lui répondre, mais déjà, les bras de Morphée l’ont repris. Je concède à rester où je suis. De nouveau, je m’endors. Un rayon de soleil nous éveille tous les deux. Blottis l’un contre l’autre, aucun regard n’ose se croiser. *

2) D’une gourmandise sur mes lèvres, je lui rends un baiser passionné. Avec la sensualité de sa bouche, sa langue savante mène la danse parfaitement. Par la chaleur de la pièce, mon corps surchauffe, par la douceur de ses caresses, mon cœur explose. Nous nous déshabillons mutuellement sans jamais arrêter de nous toucher pour ne pas rompre ce moment magique. À genoux, l’un face à l’autre, nous sommes nus.

Garde du corps

1)La voir s’énerver est un tel plaisir pour moi, ça en serait presque jouissif. J’adore cette femme, son caractère bien trempé, d’ailleurs c’est la seule que je n’arrive pas à mettre dans mon pieu. Moi le Dieu du stade, le Dieu du sexe. Ma réputation me colle parfaitement bien à la peau, j’en suis ravi. Veronica n’aime pas le genre de type que je suis, pourtant je me suis juré qu’un jour je la baiserai. Elle me suppliera de lui faire l’amour encore et encore.

2)

— Veronica !

— Oui, monsieur

— Je dois aller chercher un café, pouvez-vous m’accompagner, dis-je tout sourire, ravi de ma connerie.

— Oui, Monsieur.

— Pourriez-vous m’appelez autrement, Monsieur, ça fait… je ne sais pas… je n’aime pas.

— Comme vous voulez, Monsieur, dit-elle insistante.

— Maître, j’aime bien Maître, dis-je en rigolant. Elle ne sourit pas, ma blague ne l’amuse pas.

Comme un évidence (Texte co-écrit avec Lucie Lair)

1) Je me suis totalement abandonnée à lui. Mon corps lui a appartenu durant cette semaine. Mon corps et sûrement une partie de mon âme. J’ai découvert des plaisirs jusqu’alors inconnus, voire redoutés. Il m’a désirée si fort qu’entre ses bras et dans ses draps, j’ai repris vie. J’ai appris à aimer donner du plaisir. J’ai appris à m’aimer, à m’accepter.

2)Cependant, lorsque je suis plus près d’elle, je m’inquiète et lui demande si tout va bien. Sa réponse me fait sourire davantage. Cette femme me plait, un peu audacieuse, une sensibilité à fleur de peau et un corps à se damner. Un cocktail explosif. Bien que mon envie de la prendre sur ce lavabo m’amuse, je me sens d’humeur romantique. Je ne sais pourquoi, un truc fou me passe par la tête. Persuadé qu’elle n’acceptera pas, je lui fais une proposition. 

Elle

1)Comme toutes les nuits, mon plaisir ne sera que furtif, voire inexistant.

Comme tous les matins, je rajusterai mon ensemble en dentelle noire, mon jean et mon t-shirt avant de fuir l’inconnu.

Sans un regard en arrière, sans un prénom, je l’oublierai la porte passée. Je retournerais chez moi, me noyer sous la douche. Nettoyer ce corps qui me dégoûte et laver mon âme meurtrie par ce passé inoubliable, incruster dans mes chairs laminées.

2)Sa douche est grande, assez pour nous deux. Ses yeux se posent sur moi, comme une caresse de velours, elle me parcourt entièrement, sans omettre une seule parcelle de ma peau. Elle semble se délecter de la vue que je lui offre. À mon tour, je l’observe, elle est parfaite. Son corps ondule au gré de l’eau, sublimant la courbe de ses hanches. À mon grand étonnement, je prends plaisir à la regarder. Elle m’excite. La tension entre mes jambes n’a pas été si forte depuis un sacré moment.

Dans les yeux de Marie

1)Ses mots ont été ma bénédiction de l’époque, la solution à mon choix désespéré. S’il ne m’avait pas écrit à ce moment-là, que serais-je devenue ? Je n’ose y penser. Tout me rappelle notre rencontre, cette première fois où je l’ai vu, cette première fois ou j’ai croisé ses yeux uniques, à l’effet immédiat qu’il eut sur moi. Machinalement, je referme cette lettre et la colle contre moi, pour ne pas oublier d’où nous venons, pour ne pas oublier qui nous sommes.

2) Sans enlever nos vêtements, nous nous glissons sous l’eau tiède, presque froide. La chaleur extérieure et celle intérieur de nos désirs nous rendent bouillonnants. Sans plus attendre, nous nous enlaçons, emmêlant nos langues, nos enveloppes charnelles. Nos mains parcourant nos corps, nous nous déshabillons. Corps contre corps, nous nous laissons aller à de douces caresses. N’en pouvant plus, je la saisis par les fesses. L’appuyant sur le mur, je la pénètre.

Et l’homme créa la Terre

1) Juste une âme perdue. Sans enveloppe corporelle, je ne suis plus un homme ni un être humain, je ne suis plus. Une existence absente, une réalité nulle. Je respire, du moins, j’essaie. Je souffre atrocement, la douleur m’entoure. Elle a pris possession de moi, toutefois, je la repousse. Je refuse de ne plus jamais être, je récuse le néant.

2)

Je me débusque un petit coin entouré de verdure et de jeunes arbres, j’y serai bien pour mourir. Seul, une habitude que j’ai prise au fil de ces dernières décennies.             Confortablement installé sur un parterre de fleurs, je me laisse aller, prêt à les retrouver. Le soleil au zénith me réchauffe faussement la peau. Doucement, je ne sens plus mes jambes, puis mes bras. Je sens le vide s’emparer de ce qui reste. J’attends, ce n’est pas le moment. La torpeur continue docilement son chemin, éteignant les moindres recoins de ce corps transformé.

Amants sur le ring

1) Je la prends contre la porte. Offerte à moi, elle a été d’une facilité déconcertante à séduire. Cette femme, les cuisses ouvertes, ne m’appelle pas, ne crie pas, elle jouit juste, ne cherche que son propre plaisir. Je ne suis qu’un homme d’un soir, un homme de plus dans sa multiple quête de l’amour. Je ne la connais pas, et pourtant à son comportement je sais qu’elle est comme ça, qu’elle est de ces filles qui ne se prennent pas la tête. Elle est de ces femmes que j’appelle des offertes. C’est une fille à se pavaner sous les couilles de n’importe qui, pourvu qu’il lui mette un coup.

2) Toujours, je ne lâche pas, je frappe. Les paupières fermées, je me l’imagine encore plus. Je la revois nichée contre moi. Je la sens, mon nez dans ses cheveux. Sous mes doigts, le velouté de sa peau chatouille la pulpe de celles-ci. Dans mes gants, je ressens tout, la pression, la sensation, l’émotion de nos caresses. Je tape toujours plus fort jusqu’à en avoir mal. Mais rien ne vaut la souffrance de son départ, rien